Conseils de culture Rustic-Avocat
Sol - Culture en pot - Drainage - Plantation - Pailage - Exposition
Le sol
L’avocatier apprécie idéalement les sols profonds, fertiles, légèrement acides à neutres (pH 6 à 7). Les types mexicains, notamment Persea americana var. drymifolia, montrent toutefois une bonne adaptation à des sols plus calcaires, pouvant atteindre un pH d’environ 8. En présence de calcaire actif, il faudra néanmoins surveiller l’apparition éventuelle de carences, notamment la chlorose ferrique qui se manifeste par un jaunissement des feuilles.
Pour limiter ces problèmes, il est recommandé de favoriser les apports réguliers de matière organique et, lorsque cela est possible, d’utiliser de préférence l’eau de pluie pour les arrosages
La culture en pot
En pot, l’avocatier apprécie un substrat grossier, aéré et parfaitement drainant. Les arrosages doivent être copieux, mais espacés, afin de laisser le substrat sécher partiellement entre deux apports d’eau.
Le meilleur outil pour savoir s’il est temps d’arroser reste souvent… votre doigt : touchez la surface du substrat et n’arrosez que lorsque celle-ci commence à sécher. Il vaut mieux parfois attendre un peu que de multiplier les arrosages.
En hiver, durant la période de repos végétatif, généralement de novembre à février, les besoins en eau diminuent fortement. Les arrosages doivent alors être nettement espacés, en fonction de la température, de l’exposition et du séchage du substrat.
Le drainage : le facteur de réussite numéro un
Les avocatiers de type mexicain tolèrent une large gamme de sols, à condition que ceux-ci soient bien aérés et surtout parfaitement drainés. Leur principal ennemi est l’excès d’eau au niveau des racines.
Les terrains lourds et mal drainés favorisent l’apparition de maladies racinaires, notamment celles liées à Phytophthora cinnamomi, pouvant provoquer un dépérissement important, voire la mort de l’arbre.
En sol argileux ou compact, une plantation sur butte permet d’améliorer considérablement l’évacuation de l’eau et l’aération du système racinaire.
Durant les premières années, les arrosages doivent rester réguliers afin d’accompagner l’enracinement, sans jamais détremper durablement le sol. Une fois bien installé et correctement enraciné, l’avocatier devient nettement plus tolérant aux périodes de sécheresse.
Le trou de plantation
Privilégiez avant tout une plantation au printemps plutôt qu’à l’automne. Un jeune avocatier fraîchement planté supporterait en effet difficilement son premier hiver si tôt après la plantation.
Il faudra toutefois rester particulièrement attentif dès le premier été, puis au cours des deux années suivantes. Ces premières années constituent une période critique d’implantation, durant laquelle l’avocatier est particulièrement sensible aux fortes chaleurs estivales comme aux épisodes de froid hivernal.
Lors de la plantation, préparez un trou d’au moins 50 cm de côté. Le fond doit être simplement décompacté, sans retourner excessivement la terre, à l’aide d’une fourche-bêche ou d’une grelinette.
Sol lourd ou argileux : former une butte de 20 à 30 cm de haut et améliorer si nécessaire la structure du sol pour qu’elle soit bien drainante.
Faut-il mettre du fumier au fond du trou ?
Il est préférable d’éviter les apports importants de fumier ou de matière organique fraîche au fond du trou de plantation. En profondeur, ces matières se décomposent moins bien et peuvent créer des conditions défavorables aux racines.
La matière organique est plus utile lorsqu’elle est apportée en surface, où elle nourrit progressivement le sol et favorise son activité biologique.
En sol très sableux et pauvre, un apport modéré de compost mûr peut toutefois être incorporé dans les premiers centimètres du sol.
Le paillage
Le système racinaire de l’avocatier est principalement superficiel, même s’il possède également une racine pivotante pouvant s’enfoncer profondément dans le sol. Très ramifié, il est particulièrement sensible au manque d’oxygène dans le sol. Une grande partie des racines actives se concentre dans les premiers horizons du sol, où elles jouent un rôle essentiel dans l’absorption de l’eau et des éléments minéraux.
Une fois l’arbre planté, le sol ne doit donc plus être travaillé afin de ne pas endommager les racines.
Un paillage organique permanent est vivement recommandé. Il protège le sol des fortes variations de température, limite l’évaporation, réduit la concurrence des herbes et favorise progressivement la vie biologique du sol.
Avec le temps, un avocatier adulte produit d’ailleurs lui-même une partie de son paillage grâce à la chute de ses feuilles.
Veillez toutefois à ne jamais accumuler de matière organique directement contre le tronc : le collet doit rester dégagé afin de limiter les risques de pourriture et de maladies.
Le paillage
Une exposition lumineuse et ensoleillée favorise la croissance et la fructification de l’avocatier. Les jeunes arbres apprécient toutefois une protection contre les fortes chaleurs estivales et, surtout, contre un soleil direct trop intense.
L’écorce et les jeunes branches peuvent en effet être sensibles aux coups de soleil, qui se manifestent par des zones brunâtres ou noircies et peuvent constituer des portes d’entrée pour différents agents pathogènes.
Durant la phase juvénile de l’arbre, généralement pendant les trois à cinq premières années, plusieurs solutions peuvent être envisagées.
La première consiste à choisir judicieusement l’emplacement de plantation. La présence de grands arbres offrant une ombre légère durant les heures les plus chaudes de la journée, notamment entre 12 h et 16 h, peut constituer une protection particulièrement intéressante.
Le soleil direct est généralement beaucoup moins problématique durant l’automne, l’hiver et le début du printemps, lorsque les températures sont plus faibles.
La seconde solution consiste à installer, temporairement ou durablement, une protection de type tonnelle, ombrière ou voile d’ombrage. Celle-ci permet de réduire l’intensité du rayonnement tout en conservant une bonne luminosité.
Dans les régions fraîches, la protection contre les vents froids est également essentielle. Une exposition sud ou sud-ouest, à proximité d’un mur ou d’une construction emmagasinant la chaleur, peut créer un microclimat particulièrement favorable.
Enfin, une taille légère, souvent réalisée par pincement des jeunes pousses, permet de favoriser la ramification, de limiter la hauteur de l’arbre et de faciliter les futures récoltes.